Ma petite cuisine de magicienne:
La perfection? Quelle perfection?
est dans 3 jours. Je me sens remuée et touchée. Et vulnérable! Quelle différence entre élaborer et créer! Quelle différence entre raffiner à l'infini mon intention, la nuance exacte de chaque touche que je désire poser, la qualité rare de chaque ingrédient de cette recette mirifique qui habite depuis si longtemps mon imagination...et agir!
Créer alors
ressemble à dévaler un escalier à toute vitesse en ne pensant qu'à ses pieds. Créer, c'est marcher son idée, c'est faire, c'est brasser la matière dans ce qu'elle a de plus commun, de plus salissant. C'est rassembler les documents, acheter des choses utilitaires, penser au plus banal, au plus trivial, compter les personnes qui vont venir, le nombre d'assiettes et de tasses à thé, penser à tout ce qui n'est pas le contenu ni le sens: être dans le processus, lui seul! Lui si ingrat et si rétif!
Ah! Comme j'aimerais
reposer mon esprit en rêvant encore un peu (encore un peu monsieur le bourreau!), à ce séminaire parfait que je désire offrir comme La Rose de mon jardin. Mais non! Pas une seconde pour ça! Le processus, le déroulement, le matériel...Tout ce qui vole à raz de terre, c'est ça aussi la création! Tout ce qui vous dégoûte par sa réalité, tout ce qui se touche et s'empoigne...C'est le désir qui devient chair, c'est l'oeuvre qui devient, comme disait Léonard "cosa mentale": une idéation qu'on peut soudain poser à côté de soi. Dans toutes ses limites...
Mettre mon infini désir dans des limites,
voilà le chalenge! A chaque instant, il me faut résister à la tentation, c'est à dire à la protection glacée de ce qui se contrôle et se gère. Et puis il faut à chaque instant que je me souvienne de quelle perfection j'ai une si grande nostalgie:
Celle-ci :
Alors, je souris au milieu du rush et les choses sont bien plus claires...





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